dimanche 13 août 2017

La Grande Peur climatique est En Marche

Dans les médias, presse, web et télé (France 2 ce soir), même pendant le long week-end du 15 août, la Grande Peur climatique continue de s'enflammer.

Le JDD de ce dimanche titre (voir couverture ci-contre) sur le "scénario noir" qui "nous attend en 2050", avec un dossier qui fait l'amalgame (voir photo de Une) entre : 1) réchauffement climatique = 2) sécheresse (alors que "des dizaines de projets de stockage de l'eau sont à l'arrêt depuis l'affaire Siven") = 3) incendies (pourtant à "déclencheur humain à 95%" de nos jours, selon la cellule d'observation Vulcain). Le tout repose sur diverses études récentes, issues des mêmes sources que celles du GIEC (NASA/NOAA/GISS, etc.)

L'inévitable "alarmiste" de service Jean Jouzel - ex-vice président du GIEC (Groupe Intergouvernemental d'Étude du Climat, ONU, IPCC en anglais), toujours chouchou des médias, et son chef de file français depuis des années - est invité à réciter son credo réchauffiste, Il évoque son parcours politique récent de Benoit Hamon à Emmanuel Macron, mais toujours en soutien à Nicolas Hulot.

Le JDD fait également état d'une étude française qui annonce des pics à 55°C dans l'Est et le Nord, "records possibles à partir de 2050". Mais, reconnait sa responsable, "ces travaux montrent le pire dans le scénario le plus pessimiste", calculé avec le modèle numérique français nommé Aladin de Météo-France, compatibles avec d'autres nombreux scénarios du pire utilisés et propagés par le GIEC. Mais le pire n'est heureusement jamais certain, comme le dit l'adage populaire.

Tout ceci indique et manifeste déjà clairement sur quelles bases se prépare dès maintenant le Sommet sur le Climat annoncé par Macron pour novembre 2017 à Paris, ainsi que les orientations alarmistes du Plan climat gouvernemental préparé pour la rentrée par Nicolas Hulot.

lundi 7 août 2017

L'alarmisme climatique, Grande Peur du siècle

"Je n'ai peur que de ceux qui ont peur" Victor Hugo

- L'alarmisme climatique au quotidien
- Politique de la climatologie officielle
- Peur climatique : Révolution ou soumission ?
- Sources

1 - L'alarmisme climatique au quotidien

A chaque jour a son info sur le climat, mais toujours dans le même sens alarmiste. La presse nous annonce aujourd'hui 7 août 2017 - avec comme seul bémol un très léger conditionnel - que "si le réchauffement persiste sur sa lancée, le nombre de morts qu'il provoque pourrait croître de 5.400 % [sic] d'ici à 2100 selon une étude publiée vendredi qui parle de 152.000 décès" par an à cette date provoqués par le climat (l'Humanité du 7 août - entre autres - sous la signature de sa rédactrice en chef, Marie-Noëlle Bertrand )! Rappelons que la canicule exceptionnelle de 2003 a fait 15.000 morts, et qu'en règle générale les vagues de froid tuent bien davantage que celles de chaleur.

Cette nouvelle étude alarmiste est l'œuvre du "Centre commun de recherche de la commission européenne", une officine de l'UE qui a officiellement pour "but d'apporter les conseils scientifiques et le savoir-faire technique nécessaires pour soutenir les orientations politiques choisies par l'Union (...) en répondant aux demandes de celles-ci". Autrement dit, une science instrumentalisée au service de tout ce qui peut aller dans le sens des politiques européennes et de leur acceptation. L'alarmisme climatique est en marche.

Bulletin météo fictif de TF1 pour 2050 ! (en 2015)

2 - Politique de la climatologie officielle

Laurent Fabius
alors ministre des
affaires étrangères
à la veille de la COP21
Mais, est-il normal et sain qu'il revienne désormais à des instances de nature politique de "dire la science" de l'établir et de la fixer : l'ONU (GIEC/IPCC) pour la planète, l'UE pour l'Europe, ou encore l'ADEME pour la France ? La science doit-elle s'allonger sur le lit de Procuste de la politique [ci-contre], ou les deux, science et politique, ne devraient-elles pas plutôt faire chambre à part. La climatologie, comme toute science, n'a pas à fonctionner au "consensus", dans un unanimisme obligatoire. Elle doit elle aussi, comme toutes les autres sciences répondre aux critères de scientificité des épistémologues (le saut qualitatif d'un paradigme à un autre, supérieur au précédent - Thomas Kuhn, La structure des révolutions scientifiques, 1962; et le critère de "réfutabilité" selon Karl Popper : La logique de la découverte scientifique, 1973), ce qui est encore loin d'être le cas pour une science immature, prétendant pourtant à infaillibilité.

On est, pour l'heure, dans une sorte de lyssenkisme à grande échelle, mondial cette fois, sans la Guerre froide, avec une Grande Peur millénariste d'un "réchauffement climatique" dont le CO2 serait le grand voire l'unique responsable, dans le prolongement des thèses controuvées du GIEC (IPCC de l'ONU). En l'occurrence, l'étude récente de l'UE consiste à croiser les scénarios numériques des divers modèles du GIEC (dont les prédictions ne se vérifient pourtant pas depuis maintenant 20 ans, avec la "pause" ou le "hiatus" dans la hausse des T° moyennes mondiales) avec des extrapolations de constats opérés dans les épisodes de canicule et autres, à l'horizon 2100.

L'écart croissant entre les prévisions des 101 modèles GIEC/IPCC (en rouge)
et les mesures réelles (en bleu [ballons sondes] et vert [satellites] ).

Alors que la météorologie peine à faire des prévisions à 8 jours, la climatologie officielle serait capable d'en faire à un siècle ! Même des sciences autrement plus matures que la balbutiante climatologie, et qui en auraient davantage la capacité (ex. : la démographie, l'économie...), ne se hasardent évidemment pas à faire de telles prévisions à aussi longue échéance.

Climat, l'autre Grande Peur
Résultats de l'enquête d'opinion internationale du Pew Research Center
en août 2017 (Source Les Échos)
Voir l'étude complète (en anglais)


Voir le cas de l'Icelandgate, la manipulation des données par le GISS/NOAA/GIEC pour accréditer la thèse du réchauffement en dessinant la courbe frauduleuse en "crosse de hockey".



3 - Peur climatique : Révolution ou soumission ?

Mais le but véritable c'est avant tout de faire peur, pour mieux continuer à "administrer le désastre", et, par un "catastrophisme intensif", obtenir une "soumission durable" dans les décennies à venir (Riesel et Semprun, 2008). Exactement l'inverse d'ailleurs de ce que pensent beaucoup à gauche, ceux qui s'imaginent que le "changement climatique peut tout changer", y compris le capitalisme (Naomi Klein, 2015) - le capitalisme s'adapte, pour preuve le succès du green-business -; que "le climat réchauffe la Révolution" (Regards 2015, couv. ci-contre), et que cette "Révolution climatique" serait en marche (L'Humanité, Atlas de la Révolution climatique, 2015).

On clarifierait pourtant beaucoup cet imbroglio scientifico-politique en admettant que l'alarmisme climatique est devenu l'idéologie dominante officielle, qui comme chacun sait reste, en tous temps, celle de la classe dominante (Marx, L'idéologie allemande, 1845). Elle sert déjà de longue date de justification à un nombre sans cesse plus large de politiques publiques, pour une "transition énergétique" vers l'abandon total des énergies fossiles au nom de la "décarbonisation, avec des coûts sociaux exorbitants et des factures alourdies, du global au local.

L'alarmisme climatique se déploie surtout sous nos yeux comme une religion officielle supra-étatique, fondamentaliste et intolérante, avec son dogme, son orthodoxie, sa bible (le "Résumé à l'intention des décideurs" du GIEC, 2014), sa curie ministérielle (Nicolas Hulot, dernier en date d'une longue liste) et médiatique (l'ensemble des médias), le bas clergé des ONG zélatrices, et même son inquisition anti-sceptiques pourchassant le "crime climatique" de tous les insoumis à LA religion "carboniste" (CO2), par une "chasse aux sorcières" contre le "climatoscepticisme".

La politique d'émancipation n'a rien à gagner à une quelconque surenchère de ralliement - malheureusement fréquente à gauche - à cette idéologie de peur et de soumission.

Sources :
  • René Riesel et Jaime Semprun, Catastrophisme, administration du désastre et soumission durable, 2008
  • REGARDS, Le climat réchauffe la révolution, été 2015.
  • L'Humanité, hors-série, Atlas de la révolution climatique, 2015
  • Klein Naomi, Tout peut changer, capitalisme & changement climatique, Actes Sud, 2015
  • GIEC, Changements climatiques 2014 : incidences, adaptations et vulnérabilité, Résumé à l'intention des décideurs, 2014
  • Coll., Climate Change : The Facts, Stockade Books, 2015.
  • Sur le Climategate (2009) :
  • Pielke Roger Jr, The Climate Fix, what scientists and politicians won't tell you about global warning, Basic Books, New York, 2010
  • John Costella, The Climategate Emails, The Lavoisier Group, 2010
  •   
Plus de sources et de références sur mon site : A contrepied 



lundi 31 juillet 2017

La menace d’une grande panne électrique plane sur la France

Hervé Machenaud, « La France dans le Noir, les méfaits de l’idéologie en politique énergétique »
Pourquoi la France est-elle menacée par une grande panne électrique qui la plongerait dans le noir ? Hervé Machenaud (X Ponts et IEP Paris), a mené toute sa carrière professionnelle au cœur des questions industrielles liées à l’énergie, tant en France qu’à l’étranger (Il réside actuellement en Chine où il a participé durant plus de trente ans au développement du programme énergétique). « C’est pour éviter les conséquences prévisibles de la faillite des politiques énergétiques française et européenne, pour éviter que La France soit dans le noir, qu’au nom de l’expérience acquise au cours de ma vie professionnelle au service de l’énergie pour tous, j’écris ces lignes ».

Il lance cet avertissement : cela a failli se produire cet hiver, mais un jour prochain, la France va se retrouver dans le noir, au sens propre du terme. Il n’y aura pas assez d’électricité pour faire rouler les trains, tourner les usines, chauffer les maisons, allumer les télévisions et les ordinateurs, recharger les téléphones portables… « Vous vous plaignez de votre facture d’électricité ? Profitez-en, elle va s’envoler ». Déjà, aujourd’hui en France, 4 millions de ménages sont en situation de précarité énergétique et au moins 8 millions de personnes consacrent plus de 10% de leurs revenus aux dépenses d’énergie dans leur logement.

Le développement incontrôlé d’énergies éoliennes et solaires massivement subventionnées, dans un marché déjà surcapacitaire, conduit les « producteurs historiques » à la faillite ou à se réorienter vers la production de ces mêmes énergies !


En Europe, la règlementation des domaines de l’environnement et de la concurrence tient lieu de politique énergétique. En Allemagne et en France, sous la houlette de la commission européenne, c’est la peur du nucléaire et le mirage des énergies renouvelables qui guide la fameuse transition énergétique. Et au fantasme du "tout renouvelable" s’ajoute, celui aussi pernicieux, du "tout marché". Concernant le cas de l’Allemagne, longtemps montrée comme exemple, l’auteur cite l’éminent économiste Heiner Flassbeck qui souligne que dans l’hiver 2016-17 « une haute pression persistante accompagnée d’un brouillard épais recouvrant l’Europe centrale a suffit à démasquer le conte de fées du succès de la transition énergétique » reposant sur le « tout ENR », énergies non pas « renouvelables », mais intermittentes. 

En France, Dominique Finon (dans la Revue de l’énergie, n°633-634, fin 2016), se référant aux scénarios présentés par l’ADEME (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie), qui « laissent accroire que la pénétration à grande échelle – de 80 à 100% - des énergies nouvelles renouvelables (ENR) dans les marchés électriques […]  constituerait le seul choix possible pour se libérer des énergies fossiles », conclut : « Force est de constater que de tels résultats sont basés sur des a priori, des erreurs de raisonnement économique et paraissent donc justifiés davantage par des raisons politiques de promotion de l’énergie renouvelable à tout crin ». Avec cette autre question : « Comment expliquer que l’ADEME, établissement public, placée sous la tutelle conjointe du ministère de l’Environnement, de l’Energie et de la Mer, et du ministère de l’Education nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, ignore aussi superbement toutes les analyses critiques de son exercice ? »

L’électricité est un bien de première nécessité. Quelle nouvelle forme de service public faut-il mettre en place pour donner à tous les Français accès à une électricité stable et bon marché dans la durée ? C’est à cette question que ce livre apporte des réponses et fournit des pistes.


Hervé Machenaud, « La France dans le Noir, les méfaits de l’idéologie en politique énergétique », Les Belles Lettres, 115 pages, 2017, 11,90 €.