lundi 7 décembre 2015

Et maintenant, on fait quoi ?

Énième gueule de bois électorale ce lundi 7 décembre. Comme à son habitude, la presse en rajoute, avec ses habituels "choc historique" et "percée sans précédent" du FN. Mais rien de bien nouveau pourtant, qui n'ait été prévu de longue date et largement annoncé. 

Sauf peut-être cette chose ! Dans un entretien avec Franz-Olivier Giesbert,   disait un jour (le 21 juin 1984) Pierre Bérégovoy : “on a tout intérêt à pousser le Front National. Il rend la droite inéligible. Plus il sera fort, plus on sera imbattables. C’est la chance historique des socialistes !“ Plus de 30 ans après, on verra dimanche prochain ce qu'il en est dans la "bascule" droite - gauche des 13 Régions (voir carte). Certes il s'agira évidemment ce jour là - selon la formule consacrée, usée jusqu'à la corde - de "faire barrage à la droite et à l'extrême droite".

Mais, quand 1 électeur sur deux ne vote plus, quand plus d'un sur 4 qui le font votent FN (même si ce n'est que 13,3% des inscrits, car ça vaut aussi pour tous les autres), il y a certaines questions plus qu'urgentes à se poser. Qu'on évacue pourtant aussitôt après chaque nouvelle échéance électorale catastrophique passée, en attendant la suivante, en l’occurrence les présidentielles de 2017.

Il faudra bien un jour finir par admettre qu'on est, même à l'échelle locale (commune, département, région) fourvoyé dans une démocratie zombie, dont la  "Walking Dead" vient de franchir un nouveau pas. Car, comme le soulignait au CCO de Nantes, la semaine dernière, le géographe Martin Vanier, les 20 ans de décentralisation n'y ont rien changé, même au nom d'une démocratie de proximité tant vantée. Mais, comme l'Arlésienne, on en parle toujours, sans jamais la voir. Alerte finale : la montée de l'abstention et la poussée du FN jusqu'aux élections locales (départementales et régionales).

Avant que tout ne soit vraiment à terre, peut-être faudrait-il sérieusement songer à commencer de reconstruire autre chose, qui soit à la fois crédible, mobilisateur et rassembleur. Non seulement au national (VIème République ?), mais, aussi et surtout, à partir du local lui-même où le FN a fini par s'ancrer durablement, et où il y aurait tant à faire pour le contrer.

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