lundi 28 octobre 2013

"Fusillés pour l'exemple", exposition et débat à la Chapelle-Launay

Un débat organisé par la municipalité de la Chapelle Launay, le mercredi 13 novembre à 20 heures, salle de la Vallée.




Mise à jour : lire un compte-rendu de la soirée

A partir du film de Patrick Cabouat, Alain Moreau, réalisé par Patrick Cabouat. - Production : Program 33, France 3, France 5, 2003. - Vidéo numérisée, couleur , 52 min.

Entre septembre 1914 et juin 1918, 2 500 soldats français ont été condamnés à mort (550 ont été exécutés). On doit ces chiffres au général André Bach, chef du service historique de l'armée de terre. Il a été le premier à conduire une étude exhaustive sur le sujet, poussé par la volonté d'éclaircir une réalité alors fortement polémique (suite à l'hommage rendu par Lionel Jospin aux fusillés pour l'exemple, à Craonne en novembre 1998) et parce que lui-même avait été révolté dans sa jeunesse par la découverte de ces épisodes. Il éclaire la chronologie et le contexte des faits, relayé par Nicolas Offenstadt, historien lui aussi, auteur des «Fusillés de la Grande Guerre» et de «La Mémoire collective». Dès 1914, un blanc seing est donné par le pouvoir politique aux autorités militaires, qui mettent en place les conseils de guerre, cadre dans lequel va s'exercer une justice arbitraire, soumise à l'état-major. Des motifs de condamnation apparaissent : abandon de poste en présence de l'ennemi (mutilations volontaires, parfois simplement repli sous le feu du combat, puis désertions), refus d'obéissance. Un mouvement implacable se referme sur les soldats : plus les combats sont violents et voués à l'échec, plus la politique de la terreur ( «faire des exemples») s'intensifie. Cette violence est figurée dans le film par le recours aux images d'archives, mêlées aux dessins terribles de Tardi (tirés de sa bande dessinée «C'était la guerre des tranchées»).

Fusillés pour l'exemple from Program33 on Vimeo.

Le film s'attache à quelques épisodes précis : les six de Vingré, les fusillés de Souain [1], une exécution en Belgique, les mutinés de Craonne. Les auteurs font intervenir les descendants des fusillés qui, sur les lieux de l'exécution, retracent le déroulement des faits ; avec émotion, certains relisent à voix haute les dernières lettres des condamnés. A Craonne, le maire actuel montre les lieux exacts des affrontements et fait revivre la cruauté des combats et le désespoir des soldats, qui finiront par se révolter. Après la guerre, dès le début des années 20, des familles (et notamment des veuves, comme la veuve Maupas) vont obtenir la réhabilitation de certains fusillés, après avoir subi la honte et le déshonneur. Leurs démarches seront soutenues par les ligues de droits de l'homme et les anciens combattants, qui s'attacheront à défendre la mémoire des fusillés ; une mémoire encore vivace aujourd'hui, qui s'exprime lors des commémorations de l'armistice.

[1] A lire à ce sujet, "L'affaire des caporaux de Souain", par Denis Berthiau, arrière petit-fils du Général Reveilhac, dans les Annales de Savenay, n°8, septembre 2013, p.318-337.

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