lundi 10 septembre 2012

Marx, le retour

A lire dans Philosophie magazine n°62 de septembre 2012, le dossier "Marx, l'ennemi intime du capitalisme"

On le croyait remisé au placard de l'Histoire. Son nom et son œuvre étaient associés à un projet, le communisme, mis en application par des régimes de sinistre mémoire. Or voici Marx redevenu capital. L'effondrement de l'ex-URSS et la chute du Mur ont d'abord désenclavé sa pensée de sa captation politique, comme le souligne l'historien Éric Hobsbawm en conclusion de ce dossier.
Ensuite, la crise de 2008, liée aux excès d'un capitalisme financier outrancier, a achevé de le remettre en scène. Et pour cause : si quelqu'un a pointé les ressorts et les contradictions d'un tel système économique, c'est bien lui. Dès lors, il s'agit de redécouvrir ce géant qui, à l'instar d'un Darwin ou d'un Freud, a chamboulé les représentations courantes du monde et de l'homme.
Quant à ses analyses critiques sur l'aliénation au travail ou sur l'exploitation capitaliste, elles font singulièrement écho au contemporain. Quoi ? Il serait possible de se référer à lui sans croire au Grand Soir ? Dans une boutade fameuse, Marx lui-même disait ne pas être marxiste…
Sans a priori dogmatique, tour d'horizon d'une renaissance.

4 articles composent ce dossier :

- Au-dessous du volcan
- Le spectre du capital
- Pierre Hadot : « Résister à ce que l'on veut faire de nous »
- Eric Hobsbawm : « À présent, ce sont les capitalistes qui cherchent des solutions chez Marx »


Philo magazine : Compte tenu de cette histoire et de l’échec et de l’incompréhension des idées marxistes, comment expliquer que certains, aujourd’hui, cherchent de nouveau point de repères chez Marx ?

Éric Hobsbawm : On assiste à un retour de Marx, parce qu’il a vu quelque chose qui a avait échappé à la théorie économique néoclassique : la croissance capitaliste implique la destruction. Le Capitalisme détruit ce qui le nourrit : d’abord les structures familiales, puis l’environnement. C’est à mon avis le problème principal. Au cours des cinquante dernières années, le capitalisme a sapé les règles morales et sociales du vivre ensemble ; l’homme est livré sans défense à l’économie.

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