mardi 26 juin 2012

Aux sources de l'histoire syndicale française

La dernière livraison de la revue Cahiers d’Histoire,  est consacrée à un retour sur les Bourses du travail. 

C’est au cours de la « longue récession » de la fin du xixe siècle que se créent en France les premiers syndicats et dans leur foulée les Bourses du travail, fruit du besoin vital de s’unir pour peser sur l’organisation du travail, fruit d’un long cheminement de résistance à l’interdiction des coalitions, à la répression des organisations, de grands espoirs d’émancipation. Les syndicats ne sont légaux que depuis 1884, traversés de profondes divisions et très inégalement puissants selon les métiers. Mais avec le développement des forces socialistes, ils gagnent des appuis politiques, ils peuvent peser sur les programmes des candidats et obtenir de nombreuses municipalités la construction de ces bâtiments, souvent puissants, tels ceux de Saint-Étienne dont Jean-Michel Steiner montre ici la riche symbolique, bâtiments construits en plein centre des villes, au cœur du pouvoir urbain, qui vont abriter les Bourses du travail. Une centaine de villes de France ont leur Bourse du travail au tournant du siècle. Le travail s’impose ainsi comme une dimension cruciale de l’organisation sociale, petit à petit, du fait de cette pression des travailleurs. Le souci de connaissance, voire de réforme, est pris en charge par les forces politiques et les pouvoirs publics, comme l’atteste la création du Conseil supérieur du travail et de l’Office du travail en 1891, puis la création d’un ministère du Travail et de la prévoyance sociale en 1906. Institutionnalisation de la question dite « sociale » qui fait entrer les Bourses du travail dans un nouvel horizon social.

Ce sont vers ces débuts de l’organisation collective des travailleurs, vers ce temps où se croisent chez les militants ouvriers l’attente de la révolution et la volonté d’améliorer dans le présent le sort des travailleurs que nous ramène l’important dossier de ce numéro des Cahiers d’histoire.

Cahiers d’Histoire, Revue d’histoire critique, n°116-117, 2011, 15 €, 6 avenue Mathurin Moreau, 75167 PARIS CEDEX 19

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Cf. également sur ce sujet : Jean-Yves Martin (AREMORS), 1992 : « Aux origines de la bourse du travail de Saint-Nazaire (de 1892 à la fin du siècle) » / Cahier de l'Association de recherches et d'études sur le mouvement ouvrier dans la région nazairienne  n°3. Disponible






 

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