mercredi 7 décembre 2011

Loire et Sillon : “Quel territoire voulons-nous ?”

Avec cette orientation de travail - plus positive que celle sur les "périmètres", hors d’actualité - le conseil communautaire de Loire et Sillon élargit opportunément le débat restrictif engagé sur les seules “compétences”, au profit d’une approche bienvenue de la (re)définition de son territoire et de ses dynamiques.
Mais une telle problématique territoriale, quelle qu’en soit l’échelle, est complexe. Elle mélange toujours faits et idées, représentations et idéologies. Avec cette question “quel territoire voulons-nous ? dans 10 ans et au-delà ? ” s’appliquant à Loire et Sillon, il s’agit moins ici de “stratégie” - terme martial un peu  trop guerrier - que de prospective.
Est-ce l’effet de la Conférence métropolitaine de fin novembre qui s’est elle-même livrée, pour ce qui la concerne, à un tel exercice, au cours de sa première journée, le 25 novembre, avec pas moins d’une douzaine d’instances prospectivistes (cf. liste*) ? L’exercice n’est cependant pas plus facile, au contraire, à une plus petite échelle telle que la notre.
Il existe à ce jour - à ma connaissance - deux grandes prospectives rurales / urbaines : 
1 -   Celle de l’INRA (Institut National de Recherche Agronomique) sur les « nouvelles ruralités à l’horizon 2030 » (2008, 4 scénarios) :
  • Scénario 1 : les campagnes de la diffusion métropolitaine
  • Scénario 2 : les campagnes intermittentes des systèmes métropolitains
  • Scénario 3 : les campagnes au service de la densification urbaine
  • Scénario 4 : les campagnes dans les mailles des réseaux des villes.
2 -   Celle de la DATAR (Délégation interministérielle à l'Aménagement du Territoire et à l'Attractivité Régionale) sur « les métropoles à horizon 2040 » (2011, 3 scénarios ) rapidement évoquée par ses auteurs lors de la Conférence métropolitaine de novembre.
Les divers scénarios de ces deux prospectives ne sont pas exclusifs, ni sans corrélations entre eux. Ils sont complémentaires, traitant les uns et les autres des deux faces d’un avenir commun :  celui des centres métropolitains, d’une part, celui de leurs périphéries “néo-rurales”, d’autre part.
Mais, en fait, la prospective, c’est moins de choisir pour le long terme - “A long terme nous serons tous morts !”, disait Keynes – que de saisir, dans l’actuel, les tendances à l’œuvre, pour s’en emparer, et, si possible, les corriger, les infléchir...
La question est donc finalement moins “quel territoire voulons-nous ?” - marquée par un volontarisme plutôt vain - que : quel territoire pouvons-nous ? Ou : “Quelle place pour Loire et Sillon,  par rapport aux grands acteurs du territoire ?” que sont le SCOT, le département, la Région, et l’Etat ?
Dans ce cadre multi-échelles, qui entrecroise et démultiplie les contraintes – urbaines, logistiques et environnementales -, il faut prendre et tenir ce pari que, même dans le contexte actuel de crise, il nous reste malgré tout quelques latitudes de choix et certaines possibilités d’action. Ne serait-ce que pour infléchir les évolutions dans un sens ou l’autre, vers tel ou tel des divers scénarios esquissés.
En intégrant bien que tous les scénarios prospectifs pour les territoires reposent désormais sur le même ensemble de paramètres liés : évolution des mobilités, dynamiques urbaines et économiques, préservation des ressources environnementales et patrimoniales, tendances conjoncturelles et juridico-réglementaires, et modes de “gouvernance”. C’est la combinatoire spécifique de tous ces éléments qui génère le style du développement territorial.
Concernant Loire et Sillon dans un tel contexte, il semble qu’en première approche, on puisse repérer  trois scénarios, ayant déjà chacun leurs propres éléments de langage :
  • Un scénario 1 de type managérial-entrepreneurial, visant à “capter de la valeur ajoutée”. Mais il s'affronte aux logiques métropolitaines qui profitent avant tout au centre, les périphéries n'en récupérant que les miettes.
  • Un scénario 2 de type “NIMBY”, “pas dans mon jardin”. Au nom d’un “principe de précaution” tous azimuts, il “doute de la pertinence” de quasiment tout. Mais, à force de tout refuser, le risque existe ne n’avoir finalement rien.
  • Un scénario 3 de “projet local” citoyen partagé, seul susceptible de dépasser les impasses flagrantes des deux scénarios précédents. Il reste cependant totalement à construire (voir sa définition plus complète)
La réflexion, l’analyse, l’explicitation du choix à opérer entre ces scénarios, devrait donc faire l’objet d’une saisine d’approfondissement communautaire du conseil de développement de Loire et Sillon.


* Voir la Liste des “principales démarches prospectives du territoire. Source : 5º Conférence métropolitaine, 4 pages.

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