samedi 10 décembre 2011

Débat public sur les antennes relais à Varades

Soirée d’information et de débat  sur les téléphones mobiles et les antennes relais : “Responsabilité des élus, gestion des risques et enjeux de société”.

Compte-rendu de la réunion publique à Varades (6 décembre 2011).

Le Maire de Varades, Dominique Tremblay,  présente cette soirée d’information, qui “n’est pas une initiative sortie du chapeau” pour sa commune, mais plutôt “une étape dans la recherche de réponses aux questions que nous nous posons”, avec les habitants, les associations à partir d’interrogations parfois “virulentes sur un sujet compliqué”. Il souligne que “les élus sont peu préparés à la complexité du dossier”.

Le Maire de Varades D.Tremblay
© Christelle Beuget
Le cas de Varades

La proposition d’un opérateur d’implanter une antenne au stade de Varades a fait l’objet d’un refus, “l’opérateur laissant pourrir le dossier avant de rechercher un terrain privé”. La population qui “n’était pas nécessairement opposée au départ”, s’est cependant manifestée “dès que les travaux ont commencé”.
La municipalité a donc mis en place une commission sur les relais téléphoniques, puis pris une délibération sur un seuil de 0,6 V/m en valeur d’exposition. Cette décision a fait l’objet d’un buzz médiatique inattendu, avec des mails d’élus de toute la France. Mais cette décision a été considérée comme illégale par le Tribunal administratif, avec un débat très animé au plan national (Voir la décision du Conseil d’Etat). Le Maire regrette l’absence d’un représentant des opérateurs, pourtant invités.
Dans ces conditions, selon son présentateur Rémi Mer, le débat comportera deux volets, scientifique et parlementaire, et doit aider à faire la part “entre les propos rassurants des opérateurs et les affirmations alarmistes des associations”.
Il commence par des “paroles d’habitants”. Un groupe d’habitants s’est inquiété de l’impact sanitaire d’une antenne prévue dans le parc sportif de Varades, si près d’une école. Suite à une réunion publique avec la participation de l’association “Robins des Toits”, un CLIRT (Comité Local d’Information et de Recherche Technique) s’est constitué, sur la base du “principe de précaution”, avec mise en place d’une cellule de veille disposant d’appareils de mesures. Il soutient la délibération du conseil municipal de septembre fixant un seuil maximal d’exposition aux ondes électromagnétiques qui transpose une résolution européenne préconisant un seuil limite d’exposition de 0,6 volt par mètre (OF du 9 décembre).

Le volet technique

Pierre Le Ruz, président du CRIREM (Centre de Recherche et d’Information indépendantes sur les Rayonnements Electro-Magnétiques) est présenté comme “l’expert scientifique” sur le sujet. Il donne les éléments de base sur la nature et la propagation des ondes électromagnétiques, et leur développement actuel avec les technologies 3G+, wifi, Wimax et micro-ondes. Il explique pourquoi l’unité volts/mètre constitue “la traduction simple d’une mesure d’énergie”.
François Brotte, député maire PS de Crolles (Isère), ne se déclare, lui, ni expert, ni ingénieur, ni scientifique. Il cherche seulement à “trouver quel est le juste chemin ?” en évitant toute “polémique irrationnelle, stérile”. Il explique dans quelles circonstances il a été amené à présider, jusqu’en septembre dernier, le COMOP, le comité opérationnel du “Grenelle des Ondes” depuis 2009. Pour lui, la préoccupation de l’aménagement du territoire doit être différenciée de celle de santé publique.
Il regrette qu’il n’y ait pas de mutualisation des antennes de la part des opérateurs, avec leur concurrence par les infrastructures dans le maillage du territoire en nids d’abeilles. Il n’est pas de “ceux qui ont des certitudes”, mais estime qu’il “faut faire le plus sobre possible, plutôt que d’en rajouter”. La norme est trop haute et peut atteindre 61 volts/mètre pour la 3G
Cependant, les campagnes de mesure réalisées ont montré que 90% des cas sont en-dessous de 1,5 V/m, avec quelques point atypiques. Même si “on ne sait pas sur quelles bases exactes repose le seuil fixé à 0,6 V/m par le Conseil de l’Europe, pour lui cette cible ne semble pas farfelue” (voir Presse Océan du mardi 6 décembre). Mais les opérateurs tablent sur une perte de 30 à 40% à l'intérieur des habitations et forcent la puissance d’émission de leurs antennes.
Le COMOP a lancé l'expérimentation en cours de la baisse d’une fréquence - une seule, pour des raisons de sécurité - à Paris et à Grenoble pour en tester les conséquences. Il a édité un “dossier idéal”, des fiches techniques et un “cahier d’acteur”. Il préconise la création d’un fonds pour financer des expertises indépendantes pour ceux qui le souhaitent, qui figure dans une Loi mais sans encore de décrets d’application.


Vue du public
© Christelle Beuget
Le volet sanitaire

Pierre Le Ruz indique que l’impact sanitaire des ondes électromagnétiques est “très discuté dans la littérature depuis très longtemps, au moins les années 60, 70”. Ne pouvant “entrer dans les détails”, il dit qu’il va “simplifier les très nombreux travaux là-dessus”. Il accumule les références qui défilent rapidement à l’écran, et ne s’attarde que sur quelques cas, souvent anecdotiques : l’ambassade américaine à Moscou (Lilienfileld, 1978 et Cherry, 2000) et le cas de Saint Cyr l’Ecole (Liakouris, 1998), puis sur les vaches, les abeilles et les cigognes !
Pour lui, la classification 2B des ondes électromagnétiques par l’OMS en 2011, comme potentiellement cancérigènes - comme pour l’amiante - montre qu’on est d’ores et déjà “au-delà du principe de précaution”.
Quant à François Brottes, il dit : “ J’ai lu beaucoup d’études contradictoires”, mais “ je n’ai aucune certitude sur les sujet” (PO du 6 déc.). Le “principe de précaution” figure certes dans la Constitution, mais au titre de la "Charte de l’environnement", pas celui de la santé publique, souligne-t-il. Sur le problème de l’hypersensibilité “qui reste à démontrer”, s’adressant à P. Le Ruz, “ce n’est pas si simple que vous le dites”, et il faut “que la preuve soit faite”.

Les préconisations

Selon les suggestions du COMOP il faut que devant tout projet, les élus soient vigilants sur l’impact mesuré en V/m sur la population avoisinant les antennes. L’info préalable en amont, sur l”’impact electro-magnétique, doit être exigée auprès des opérateurs. Ils doivent ainsi fournir obligatoirement, au titre de l’exigence de transparence une fiche technique de l’antenne projetée, sinon un recours auprès de la CADA, commission d'accès aux documents administratifs, est possible .Un engagement doit également  être obtenu des opérateurs de supprimer les “points atypiques”, à plus de 5 V/m.
Le filaire doit être dans tous les cas privilégié par rapport au wifi. “On se doit d’être le plus sobre possible pour les écoles et les hôpitaux”. Le dilemme c’est : “supprimer les portables ou aller vers la sobriété !”, avec une évolution législative et réglementaire en cours dans ce sens.
Il y aurait des antennes dans 4.000 clochers en France, ce qui pour P. Le Ruz serait illégal dans des bâtiments de culte. Il avance que cela serait susceptible d’explosion incendiaire des clochers ! Un recours serait de faire appel à l’interdiction diocésaine.
La commune de Varades a financé l’achat de 4 appareils de mesure (coût = 250 € environ)  pour le CLIRT, afin de mesurer de façon autonome au niveau de la commune, l’exposition aux ondes dans le voisinage des antennes, notamment près des lieux publics et des écoles.

Source des photos blog ancenis-mauges.fr : http://www.ancenis-mauges.fr/Varades-devons-nous-avoir-peur-des-antennes-relais_a822.html

Compte-rendu à partir de mes notes
9 décembre 2011

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire