lundi 28 novembre 2011

L'histoire au Lycée : "Zapping, survol et simplification" Laurence De Cock

Un entretien dans l'Humanité

Professeure d’histoire-géographie au lycée Joliot-Curie de Nanterre, Laurence De Cock détaille les ravages de la réforme du lycée et la vision de l’histoire portée par le pouvoir.
Membre du comité de vigilance contre les usages publics de l’histoire, Laurence De Cock est aussi coauteure de la "Fabrique scolaire de l’histoire" (Éditions Agone, 2009).

Quels sont les problèmes posés par la réforme du lycée pour l’enseignement de l’histoire ?
Laurence De Cock. Comme d’autres matières, histoire et géographie ont subi une réforme totalement précipitée, dont le but était d’abord une réduction horaire. D’où la suppression de l’histoire en 
terminale S. Tous les programmes ont donc dû être reconfigurés en quelques semaines, sans réelle concertation. Depuis, les enseignants, surtout en première S, se sentent pris au piège d’un programme excessivement lourd, mais qui doit être mené à bien puisqu’il y a l’épreuve du bac à la fin de l’année. Sur le plan qualitatif, cette réforme pose aussi beaucoup de problèmes. Il nous faudrait pouvoir repenser nos pédagogies, mais c’est impossible à cause des nouvelles charges qui pèsent sur les professeurs (accompagnement personnalisé, éducation civique…). Au final, on se sent pris dans une machine, un zapping de disciplines diverses, contraints à une pratique urgentiste de notre métier qui conduit à une logique de survol, de simplification des faits historiques.
Comment les enseignants vivent-ils cette situation ?
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