jeudi 24 novembre 2011

5ème Conférence métropolitaine Nantes Saint Nazaire


Jeudi 24 novembre 2012

Cinéville Saint-Nazaire

Pour gérer moins une "table ronde" qu’une "brochette" de 11 intervenant(e)s sur la prospective de la métropole, Martin Vanier, géographe, qui anime cette première demi-journée, leur propose de répondre successivement à quatre questions.
Question 1 : le plus important dans votre démarche prospective ?
C’est de produire, de fabriquer du (sens) commun, de faire du commun, à travers l’appropriation des objectifs d’un  projet participatif partagé à construire.

Questions 2 :  votre attente vis à vis du chantier voisin ?
C’est l’écoute et le "pillage" légitime des autres institutions de prospective de long terme, pour des objectifs prioritaires à court terme. Car, « nous faisons mieux au nom du futur, que ce qu’on est capable de faire pour le présent », souligne l’animateur. Mais, pour Patrick Mareschal, citant Woody Allen, il ne faut jamais négliger ce point que « les méchants ont sans doute déjà compris quelque chose que les bons ignorent encore ». Pour lui, il faut interroger « les modes d’action de la gouvernance, avec une culture d’anticipation, pour une exigence de réflexion à long terme ».

Question 3 : UNE certitude pour Nantes et Saint-Nazaire ? … et pas pour la planète !
Après quelques hésitations sémantiques : assurance ? postulat ? pré-requis ? quelle promesse incontournable, la mieux partagée ? ... un élément fort de l’anticipation serait, pour l’un, de garder "la qualité de vie". Pour un autre, la croissance démographique génère des contraintes, et plus de mobilités, avec « plus de monde qui bouge plus ». Mais « les territoires sont comptables de leur performance sociale », et si la qualité de la vie doit être certes préservée, c'est dans le refus de l’isolement, et avec le maintien de la porosité sociale.
Comme « rien de grand ne s’est construit sans une espérance exagérée », Nantes Saint-Nazaire doit se mettre « en position de challenger pour prendre rang dans les toutes premières métropoles portuaires européennes ». Avec, au moins, cette certitude, c’est que « dans 30 ans, Saint-Nazaire sera toujours au bord de la mer ! ». C’est un territoire en mouvement, avec des échanges et des flux, sans ignorer  qu’il est « en vraie tension dans la crise financière et environnementale ».

Question 4 : UNE incertitude pour Nantes et Saint-Nazaire ?... ou un doute, un questionnement.
Le positionnement à l’écart des principaux flux, pose la question de son rattachement. Avec cependant des risques d’engorgement interne qui constituent un défi à la capacité collective d’y faire face.
Les tentations de repli, de frilosité par rapport aux flux se situent plus sur le quotidien, et sont un frein à une démarche de projet à échéance de 30 ans
La difficulté est celle de la "concordance des temps", des "temporalités", entre les projets immédiats des industries et la mise en place des infrastructures publiques à plus long terme.
Il y a un problème sociétal, selon P. Mareschal, dans l’articulation entre « le "probable" – ce à quoi on s’attend - et le "rêve" des visages possibles de la Loire Atlantique, avec des points de discordance possibles ». On ne saurait rester dans l’alternative de Coluche : « Dites-nous ce dont vous avez besoin, on vous expliquera comment vous en passer ».
Saurons-nous suffisamment partager face au risque de repli social ?  Ceci débouche sur un problème de démocratie : « Un jour, les citoyens cesseront de voter où il n’y aura plus de prise de décision : les communes, par rapport aux EPCI et à la Métropole ».
Y a-t-il des clivages entre vous, prospectivistes, au sujet de l’Aéroport de Notre Dame des Landes ? Non , « car les prospectives se font en tenant évidemment compte des décision prises ». 

Pour Gilles Pinson il y a deux méthodes pour la prospective métropolitaine. La première fabrique du consensus, du conformisme. Si elle génère du débat, c’est pour reproduire la doxa. Une autre vise à injecter de la perplexité, à nourrir du débat sans craindre le conflit. Ses travaux pour la DATAR sur les systèmes métropolitains débouchent sur trois scénarios contrastés, délibérément répulsifs. On peut certes y voir des projets UMP, PS et Verts, mais c’est bien « l’implication politique qui distinguera chacun des trois scénarios » qui sont les suivants : la mercapole, l’archipole et l’antipole.

Les 3 scénarios pour les métropoles à l'horizon de 2040 
  

Pour Jean-Loup Molin, à partir de son expérience du Grand Lyon, « penser ça prend du temps et on n’en a plus. Face au délire managérial et faut ralentir la prospective. Elle doit donner envie d’agir en prenant le risque de se tromper. Les scénarios évoqués sont en puissance dans ce qu’on est train de vivre. Ils mettent en scène des projets différents et doivent susciter la réflexion. Cela pose la question du passage à l’acte avec un enjeu participatif majeur, dans une histoire de continuité prospective de l’action publique, plus que seulement territoriale, mais avec interpellation du grand public au quotidien.
Il faut faire le constat d’une perte de centralité sur les projets et le management de l’action publique, et on est désormais plus sur le "comment ?" que sur le "quoi ?. C’est la fabrique de la ville par le bas, avec irruption d’acteurs économiques nouveaux, par exemple dans les domaines de l’énergie et du numérique. Qui a le pouvoir : les politiques ou les acteurs économiques de la "Smart City" ?
Il s’agit donc plus d’une prospective du présent, pas à échéance de 2030 ou 2040 qui ne sert à rien. Plutôt un dispositif de veille, pluridisciplinaire. Face à la crise de la complexité, mieux vaut bien comprendre ce qui se passe aujourd’hui ».
Pour conclure, Martin Vanier souligne, « "small is beautiful", mais pas tout seul ! »

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