mercredi 12 janvier 2011

Paradoxe, limites et enjeux de "l’avantage métropolitain"

Ce livre ouvre sur ce paradoxe : « Les métropoles sont à la fois le produit et le moteur d’un capitalisme mondialisé qui repose sur l’hypermobilité des capitaux, des idées et des personnes (…) Mais elles sont aussi les espaces dans lesquels les tensions des sociétés contemporaines s’accumulent depuis l’accroissement des inégalités sociales jusqu’à l’exacerbation de la pression sur l’environnement, depuis le mal-vivre ensemble jusqu’à la montée de l’insécurité ». Son objectif est de donner au lecteur une vision plus claire de l’état du savoir et de quelques controverses portant sur la question métropolitaine.
Le processus de métropolisation, tel que défini par les géographes, est celui d’une concentration des hommes et des activités dans les principales agglomérations d’un système urbain donné, quelle qu’en soit l’échelle, mondiale, nationale ou régionale. D’ailleurs l’auteur précise bien qu’il ne s’intéresse pas qu’aux mégapoles mondiales, mais aussi « aux métropoles de moindre envergure, par exemple, pour le cas français, à celles que l’on nomme parfois les métropoles régionales «  (note 1, p.7).
L’auteur s’efforce d’abord de montrer qu’il y a un aveuglement préjudiciable à considérer la métropolisation uniquement comme « une concentration d’activités à forte valeur ajoutée ». Selon lui, « la métropole réduite à une "ville d’exception" entretient une dynamique de fragmentation qui, en retour, est pénalisante à tout point de vue, y compris à la fois socialement et économiquement ». Il montre ensuite que cet "avantage métropolitain" dont il est question ici, tient avant tout à la capacité de mobilisation des ressources variées accessibles dans et depuis la métropole. Par la conjonction des effets de connectivité et de "longue traîne", il dépeint la métropole comme « un écosystème [au sens cybernétique du terme ] à la fois intégré et ouvert ». Enfin, il discute des changements de perspective autour de trois questions, à ses yeux urgentes : celle du rôle des territoires dans la régulation de la mondialisation ;  celle de la forme métropolitaine souhaitable ; et celle de la montée d’une innovation plus ouverte sur la société.
Ce livre montre que loin de la prétendue dilution des capacités locales dans la mondialisation et de l’inexorable déconnexion entre les métropoles et leur environnement régional ou local, l’ère des métropoles offre au contraire de réelles marges de manœuvre aux sociétés qui se donnent les moyens collectifs, économiques et démocratiques d’exploiter leurs ressources et de valoriser leurs potentiels.
Ludovic Halbert, L’avantage métropolitain, PUF, 2010, 144 p., 10 €

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