lundi 4 octobre 2010

Brésil : résultats du 1er tour de l'élection présidentielle

Dilma Roussef et José Serra
Pour l’ensemble des médias français, l’affaire était pliée d’avance : Dilma Roussef, candidate du PT (Parti des Travailleurs) et "dauphine" désignée de Lula, devait être élue dès le 1er tour. Las, malgré les 80% de satisfaction des Brésiliens à l’égard de Lula à l’issue de ses deux mandats, il n’en a rien été, et il y faudra donc un deuxième tour.
Encore un effet sans doute d’une approche par trop "franco-française" des réalités brésiliennes, qui perdure et persiste depuis le début des années 2000 : petite revanche exotique des errements de la gauche française en difficulté, qui tient absolument, vu de loin, à accréditer le mythe Lula de l’ouvrier métallurgiste, Nordestin pauvre d’origine, accédant aux plus hautes responsabilités de l’Etat fédéral pour le plus grand bien de son peuple. Mais c’est au prix d’une occultation des ambiguïtés (néolibérales), voire des reniements de sa politique (Réforme agraire promise aux Sans-terre puis abandonnée, autorisation des OGM…), finalement loin d’être aussi clairement une politique de gauche que d’aucuns veulent et voudraient bien le faire croire, vu d’ici.
Commentaire du tableau : seuls 3 candidat(e)s font de bons scores. Tous les autres sont marginalisés, à moins de 1% dont le candidat du PSOL, aile dissidente du PT critique de Lula, et du PCB, l’un des deux partis communistes brésiliens, non rallié à Lula. L’autre le PCdB (Parti communiste du Brésil), faisant partie depuis le début de la coalition gouvernementale.
Les résultats complets du 1er tour


La cartographie des résultats pour les 3 principaux candidat(e)s
Commentaire de la carte : à ce premier tour, la candidate du PT obtient ses meilleurs scores électoraux dans toute la partie nord et nord-est du Brésil (Amazonie et Nordeste), là où la pauvreté reste la plus marquée, même si la population y a le plus bénéficié des programmes sociaux du gouvernement Lula ("Faim Zéro", "Bourse familiale"..).
A l’inverse, le candidat "social-démocrate" – en réalité de droite, les dénominations partisanes étant très fluctuantes et relatives au Brésil – J.Serra l’a emporté dans toute la région Sudeste, la plus métropolisée et développée, dont São Paulo qui est son fief électoral. La candidate du PV (Parti Vert) fait surtout un très bon score dans le District fédéral de Brasilia, où ce n'est pas pour autant un vote très "populaire". Au Brésil, comme en France, une bonne partie des votes verts apparaît comme un vote par défaut, ou vote refuge, pour des électeurs du PT déçus du Lulisme, car il y en a. L’attachement à la personne du président sortant, ne signifie pas nécessairement l'approbation de tous les aspects de sa politique.
Les résultats des élections des gouverneurs, des sénateurs, des députés fédéraux et des états fédérés., qui avaient lieu ce même dimanche, relativisent  ceux de la présidentielle, fortement marqués eux par la bipolarisation et la médiatisation "à l'américaine" de la vie politique brésilienne.
Pour voir tous les résultats sur le site du TSE

1 commentaire:

  1. Marina Silva est une personnalité complexe, stricte et conservatrice sur le plan social. Pratiquante religieuse fervente, elle est opposée à l'avortement et au mariage homosexuel. Suivant une lecture très fondamentaliste de la Bible, elle s'est déclarée favorable à l'enseignement du créationnisme à l'école, une doctrine fondée sur la croyance que la vie, la terre et l'univers ont été créés par Dieu. (B.Duraud, dans l'Huma du 5 oct.)
    - Qui Marina Silva va-t-elle soutenir pour le second tour? Elle défend un débat au sein du PV, où José Serra a des partisans, mais on la dit encline à la neutralité. Pendant la campagne, elle a critiqué ses deux adversaires. Une enquête, publiée par Datafolha à la veille du scrutin, n’a pas dû réjouir le président Lula: 51% des électeurs de la candidate écologiste ont tendance à reporter leur voix sur José Serra et seulement 31% sur Dilma Rousseff (Le Temps, CH)

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