vendredi 16 juillet 2010

Culture

Ce gros livre porte sur la géopolitique de la culture et des médias à travers le monde, et la mondialisation du divertissement. Son sujet n’est donc pas l’art, mais plutôt la « culture de marché ». Les questions qu’il pose sur les industries créatives en termes de contenu, de marketing et d’influence permettent de mieux comprendre le nouveau capitalisme contemporain, car elles ne sont plus seulement américaines, mais globales. La vaste enquête de l’auteur, sur « cette culture qui plait à tout le monde » nous conduit aussi bien à Hollywood en Californie, qu’à Bollywood en Inde, à MTV qu’à TV Globo au Brésil, dans les multiplexes des banlieues qu’en Afrique subsaharienne où il y a si peu de cinémas, à Buenos Aires à la recherche de la musique « latino », qu’à Tel-Aviv pour mesurer l’américanisation d’Israël.
Son champ d’investigation est immense puisqu’il embrasse, sur cinq continents, à la fois l’industrie du cinéma et de la musique, le divertissement télévisé, les médias, l’édition, le théâtre commercial, les parcs d’attraction et même les jeux vidéo et les mangas. Il analyse ainsi la politique et le business qui veulent parler à tout le monde.
Son titre est un mot – Mainstream - difficile à traduire qui signifie littéralement « dominant » ou « grand public », et s’emploie généralement pour un média, un programme de télévision ou un produit culturel qui vise une large audience. C’est l’opposé de la contre et/ou de la sub-culture, et pour beaucoup, c’est tout le contraire de l’art. Il peut cependant avoir une connotation moins négative, car non-élitiste au sens de « culture pour tous », mais en garde une le plus souvent négative, au sens de culture commerciale de marché, formatée et uniformisée.
Une plongée dans les eaux profondes de ce nouveau monde de la production culturelle qui ne laisse pas indifférent et interroge sur la signification du mot culture aujourd’hui.
F.Martel, "Mainstream", Ed. Flammarion, 2010, 460 p., 22,50 €.

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