vendredi 12 septembre 2008

Seconde mondialisation : "Le pire est à venir"


P.Artus et M-P.Virard, déjà co-auteurs d’un best-seller (Le Capitalisme est en train de s'autodétruire) mettent ici en évidence le dangeureux tournant de la "seconde globalisation" qui marque, selon eux, la fin d’une "mondialisation heureuse".
Leur propos, à travers cinq thèmes et chapitres, est d’en décortiquer l’engrenage. Ils montrent que « la globalisation est à la fois une machine inégalitaire qui mine les tissus sociaux et attise les tentations protectionnistes ; un chaudron qui va épuiser les ressources rares, inciter aux politiques d’accaparement et accélérer le réchauffement de la planète et les dérives environnementales ; une machine à inonder le monde de liquidités ; une sorte de casino prompt à fabriquer du risque financier et de l’irresponsabilité bancaire ; un moteur à implosion pour le système international et une centrifugeuse qui peut faire exploser l’Europe ».
Ils soulignent notamment, « le fossé entre une minorité de privilégiés, qui "sort" par le haut, et une majorité de salariés de plus en plus chahutés par les nouveaux désordres de l’économie-monde ». Par exemple, une étude montre que de 1998 à 2005 en France, sur 25 millions de salariés, les 1% les mieux payés (250.000 personnes) ont encaissé une "augmentation" de +13,6%, les 0,1% (25.000 personnes) de +29,2% et les 0,01% de +51,4% (+6,1% par an), soit environ 2.500 top managers, autres banquiers et traders.
Concluant sur un noir scénario d’une probable "stagflation déflationniste", ils n’en appellent, notamment à l’échelle de l’Europe, qu’à une bien vague coopération internationale. Avec ce cri d’alarme : « si la globalisation entre dans un nouvel âge, fait d’instabilité, de désordres et de craintes de toutes sortes, c’est bien parce qu’elle est livrée à elle-même, que les élites politiques et économiques ont préféré jusqu’à maintenant ignorer combien elle leur crée, et exigent qu’ils assument, tous, de nouvelles responsabilités ».
A lire donc pour le diagnostic, mais sans trop l’espoir d’y trouver une alternative de dépassement du capitalisme, dont ne sont dénoncés que les excès et écarts financiers
P.Artus et M-P. Virard,  Globalisation, le pire est à venir, Ed. La Découverte, 2008, 168 pages, 12,50 €

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