lundi 29 octobre 2007

Vive la Révolution ! par Éric Hobsbawn


 Véritable retour sur deux siècles d'histoire de la Révolution française Aux armes, historiens, est une approche stimulante d’historiographie et d’analyse politique proposée par l’un des plus éminents historiens du XXe siècle. Éric J. Hobsbawm est l’auteur d’une œuvre considérable, dont la trilogie  : L’Ère des révolutions : 1789-1848, L’Ère des empires : 1875-1914 et L’Ère du capital : 1848-1875, ainsi que L’Âge des extrêmes : 1914-1991.
Dès 1989, dans trois conférences - publiées tardivement ici - il soulignait que « l’historiographie récente sur la Révolution française, surtout en France, est particulièrement biaisée. La rencontre de l’idéologie et de l’air du temps, associée à la force des médias modernes, a fait que le bicentenaire est largement dominé par ceux qui, tout simplement, n’apprécient guère la Révolution et son héritage ». En fait , il montre que c’est dès les années 1970, que « le révisionnisme a pris la forme d’une attaque massive (…) quand F.Furet et D.Richet ont critiqué l’interprétation établie de l’histoire révolutionnaire enseignée [à] la Sorbonne », notamment par A.Soboul, puis M.Vovelle, après A.Mathiez et G.Lefebvre avant guerre. Cette critique révisionniste entendait faire de 1789 la révolution-mère de tous les totalitarismes du XXe siècle.
Dans une postface de 2007, il fait le constat, de « la disparition de la version de l’histoire révolutionnaire formulée pour (ou plutôt contre) la bicentenaire par F.Furet (…) Mais, si « La "révolution furetienne" est terminée (…) elle a laissé cependant un héritage regrettable ». Cependant, si « en France, l’intérêt et la recherche historique liés à la Révolution semblent avoir considérablement diminué depuis 1989. Ce n’est manifestement pas le cas dans le monde anglophone ». Elle y demeure, aux yeux des historiens, « un événement historique majeur, qui n’a pas seulement secoué le monde, mais qui l’a transformé ». Alors, « peut-être le temps est-il venu pour les Français de prêter à nouveau l’oreille aux échos universels de La Marseillaise et de les entendre aussi fortement qu’on les entend dans le reste du monde ».
Éditions La Découverte, 156 p., oct. 2007, 14,5 €.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire